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Au Puy-en-Velay, fief de Laurent Wauquiez, la droite en position de force
information fournie par AFP 03/03/2026 à 08:14

Au Puy-en-Velay, fief de Laurent Wauquiez, la droite en position de force pour les municipales ( AFP / Thierry ZOCCOLAN )

Au Puy-en-Velay, fief de Laurent Wauquiez, la droite en position de force pour les municipales ( AFP / Thierry ZOCCOLAN )

Une campagne a minima pour une élection "cousue d'avance"? Dans le fief de Laurent Wauquiez, le maire sortant du Puy-en-Velay Michel Chapuis (UDI), fragilisé par les affaires mais bien installé, se représente avec le soutien du jeune fils du député LR, face à une gauche qui peine à convaincre.

Tout juste l'édile de cette ville de 18.500 habitants, aux manettes depuis 2016 lorsqu'il a succédé à Laurent Wauquiez, a-t-il diffusé une vidéo sur Facebook pour vanter son mandat, refusant par ailleurs les sollicitations de la presse.

Après avoir attendu le 23 février pour déclarer officiellement sa candidature, il a dévoilé sa liste "Bon cap, énergies nouvelles" vendredi, au lendemain du dépôt des candidatures pour les scrutins des 15 et 22 mars.

Y figure en dernière position Baptiste Wauquiez, étudiant de 22 ans et benjamin de l'équipe, mais aussi l'assistante parlementaire de Laurent Wauquiez.

"Je n'y vais pas tout seul", a déclaré le nouveau venu, qui a pris la parole lors de la présentation de la liste devant une assemblée conquise, disant être "très reconnaissant" au maire de lui avoir donné sa "chance".

"Je ne me projette pas du tout dans une carrière politique aujourd'hui, c'est un engagement local", insiste-t-il auprès de l'AFP.

Interrogé sur ce point, M. Chapuis s'agace: "Tous les gens qui sont dans mon équipe sont un atout supplémentaire", "on a des énergies nouvelles avec un +s+" et "Laurent Wauquiez n'est pas sur la liste".

Quant à remplacer le maire, 71 ans, ce n'est "pas du tout le sens de mon engagement", affirme Baptiste Wauquiez.

- Fonds régionaux -

Des isoloirs aux Puy-en-Velay, en Haute-Loire, le 27 juin 2021 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Des isoloirs aux Puy-en-Velay, en Haute-Loire, le 27 juin 2021 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Dans les coquettes rues pavées et colorées de la cité vellave, qui n'a pas connu de second tour depuis 1995, beaucoup d'électeurs sont convaincus de l'issue du scrutin.

"Je vois Michel Chapuis passer au premier tour", donc "je pense qu'on n'aura pas besoin de se déplacer le 22 mars", se félicite Thierry Mialon, ancien cadre EDF partisan de l'équipe en place.

Quant à la présence de l'aîné des enfants Wauquiez sur la liste, "ça permet un ancrage de la famille", "on sait tout ce qu'a fait Laurent Wauquiez pour la ville avec l'argent de la région", poursuit-il.

De fait, l'ancien président d'Auvergne-Rhône-Alpes, désormais conseiller spécial, accusé par l'opposition écologiste de cumuler les mandats, a inauguré samedi au Puy un complexe sportif flambant neuf, financé par des fonds régionaux.

Ces élections sont "cousues d'avance, ça ne fait aucun doute. On sait très bien qui va repasser", se résigne de son côté Marie-Christine, retraitée, qui n'a pas souhaité donner son nom. Elle pointe la "dynastie" Wauquiez, une "forme d'oligarchie", selon elle.

L'opposition? "Il leur manque de l'humain, du contact pour faire passer leurs idées (...) je trouve que c'est très fermé", regrette-t-elle.

- Transparence -

Une enquête du PNF (parquet national financier) ouverte en 2022 pour des soupçons de favoritisme dans l'attribution de la gestion du marché couvert du centre-ville, avait affaibli le maire, conduisant une partie de son équipe à ne pas se représenter.

D'autres marchés publics sont désormais dans le viseur du PNF.

Pourtant "la situation globale joue pour lui", avec "des conditions favorables" dans une ville où la droite ne s'est véritablement implantée qu'à partir de 2008 et l'élection de Laurent Wauquiez, souligne Mathias Bernard, politologue et président de l'Université Clermont-Auvergne.

Outre la présence de deux listes à gauche, M. Chapuis bénéficie de l'absence du RN qui avait recueilli 22,34% des suffrages lors des législatives de 2024.

"Je n'ai aucun problème par rapport au nom de famille. J'attends plutôt les propositions, les projets", souligne auprès de l'AFP Laurent Johanny, 43 ans, à la tête d'une liste de gauche "écologiste et sociale".

En l'absence d'accord, il affrontera aussi Naziha Bouachmir, candidate LFI.

Au-delà des cantines bio et de la végétalisation, M. Johanny propose plus de transparence dans la vie locale, dénonçant auprès de l'AFP une organisation jusqu'ici "très pyramidale".

"Quand on connaît un petit peu le fonctionnement de la ville, (...) la question de l'éthique et de la transparence, c'est bien la moindre des choses qu'on peut avoir dans notre programme", dit-il.

1 commentaire

  • 10:44

    Wauquiez va pouvoir organiser un autre dîner des sommets à 1100 Euros le repas !!!


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